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Haute Ecole de Gestion de Genève (27/2518)

Ecole - Eglise
Carouge
Haute Ecole de Gestion de Genève

HISTORIQUE / SITUATION

Construit à la fin des années 1950 au sud de l’agglomération genevoise, sur la commune de Carouge, l’institut de recherches Battelle a été pensé comme un véritable campus à l’américaine. L’ensemble conçu par l’architecte Georges Addor (1920-1982) propose des volumes d’une implacable modernité, à l’expression simple, aux structures de béton, aux façades rideau légères et calibrées. Ces élégants bâtiments accueillent depuis plusieurs années des étudiants d’horizons divers. Un contexte dynamique qui voit se développer les activités de la Haute Ecole de Gestion(HEG). Sans cesse amenée à remplir de nouvelles missions et forte d’inscriptions toujours plus nombreuses, cette dernière se sent vite à l’étroit dans le périmètre. Conscientes de la situation, les autorités lancent un concours en 2005. L’idée est évidemment de répondre aux besoins de la HEG, mais aussi de respecter les qualités patrimoniales du domaine dans lequel s’inscrira le futur édifice.

PROGRAMME

Optimisation. Baptisé « Playtime » en référence au film et à l’esthétique de Jacques Tati, le projet lauréat concentre l’impressionnante demande dans un volume simple et compact, fixé par un plan localisé de quartier contraignant. Avec un gabarit de R+5+attique, le programme impose une aula de quatre cent places, vingt-deux salles de cours proprement dites, six espaces polyvalents, neuf salles informatique,trois auditoires, un restaurant ouvert au public, des bureaux et, bien entendu, les divers locaux techniques indispensables au bon fonctionnement d’un tel paquebot. Extrêmement dense, ce programme vise une utilisation optimale des surfaces disponibles.

PROJET

Les architectes ont parfaitement compris les enjeux. Les principes typologiques permettent d’offrir des espaces flexibles et évolutifs, développés autour d’un noyau central
abritant les locaux techniques et les circulations verticales. Autour de cette colonne vertébrale et en alternance à chaque niveau, les plateaux proposent les salles de classe d’un côté, le couloir et les bureaux de l’autre. L’accès au bâtiment se fait depuis une rampe extérieure, marquant
avec force l’entrée principale située à l’étage. La lumière naturelle est omniprésente : dan les salles de classes par les grandes fenêtres, au coeur du volume grâce aux larges espaces polyvalents non cloisonnés et aux parois des bureaux en briques de verre. Réservé à la direction de l’école, l’attique accueille des bureaux ouverts sur de généreuses terrasses.

L’expression générale fait honneur à l’architecture moderne des années 1950-60 et aux bâtiments de Georges Addor présents aux alentours. On relève une composition de façades à la fois simple et rigoureuse, un rez-de-chaussée gainé d’une résille métallique filtrant la lumière, des étages soulignés par des fenêtres coulissantes et des allèges en verre émaillé noir.

La structure principale est en béton armé ; les dalles à nervures composée de poutres préfabriquées et d’une dalle de compression coulée in situ. Avec une portée de 20 mètres nécessaire à l’accueil de gradins pour quatre cent personnes, l'aula supportant le poids de quatre étages a nécessité la mise en oeuvre d’une poutre précontrainte de 75 centimètres d’épaisseur.

Rationnel, le souci écologique fait récupérer l’eau pluviale des toitures pour les chasses d’eau, exclut les lavabos dans les salles de classe ainsi que l’eau chaude dans les sanitaires. Le triple vitrage évite les déperditions et les dalles à nervures emmagasinent la fraîcheur ou la chaleur, permettant de retarder la mise en route de la ventilation ou du chauffage. Celui-ci est amené par une conduite à distance tirée d’une chaudière existante sur le site de l’institut Battelle.

Le nouveau bâtiment de la Haute Ecole de Gestion de Genève a été livré sans le moindre dépassement de budget. Imposant, il s’inscrit avec élégance dans un périmètre qu’il contribue à requalifier pleinement, sans toutefois en soustraire les évidentes qualités.

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