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Hôtel Ibis (28/2662)

Hôtellerie - Tourisme
Genève
Hôtel Ibis

SITUATION/HISTORIQUE

Au coeur du quartier populaire des Pâquis. Construit en 1967, l’hôtel Nash, situé à la route de Berne dans le quartier des Pâquis à Genève accuse le nombre des années. Ses espaces ne correspondent plus aux besoins de la clientèle d’aujourd’hui et une grande partie des infrastructures ne répond plus aux normes actuelles. Escaliers, voies de secours, tailles des chambres, tout doit être revu de fond en combles.

Une transformation impossible selon la société NHDB SA, propriétaire des lieux depuis 2014. Pour effacer une réputation qui ne cesse de se dégrader, le nouveau propriétaire décide donc de tout démolir pour reconstruire un hôtel flambant neuf en y ajoutant des chambres supplémentaires tout en respectant le volume actuel.

D'un hôtel sur le déclin proposant huitante-quatre chambres, l’objectif est de reconstruire un nouveau complexe abritant cent vingt-deux chambres et arborant désormais trois étoiles, un standing plus adapté à son emplacement. À la demande de la Ville de Genève, un bar ouvert au public est aménagé de plain-pied, derrière de grandes baies vitrées donnant sur la rue. Le bâtiment se veut simple et fonctionnel, correspondant à l’environnement du quartier.

PROJET

Trois étapes nécessaires avant de reconstruire. Le projet de ce nouvel hôtel a été réalisé en trois grandes étapes, dont la première consistait à récupérer une partie du mobilier, qui pouvait être réutilisée, comme les téléviseurs, miroirs, fauteuils et tableaux, avec pour objectif de les replacer dans d’autres établissements. Une fois cette phase terminée, il a fallu procéder au désamiantage de certains éléments. Toutes les portes ont été retirées pour être recyclées et les éléments en bois incinérable ont été démantelés. Il n’est resté que le béton et la ferraille lors de l’étape de démolition qui a été réalisée avec un arrosage en continu pour atténuer le nuage de poussière et ne pas incommoder le voisinage. Cette dernière étape avant la reconstruction a pris quinze jours.

Ce n’est qu’à ce moment-là que la façade a pu être reconstruite dans le même volume que la précédente. Pour arriver à créer des chambres supplémentaires dans le même gabarit, les murs ont été reconstruits plus fins, à savoir seize centimètres. Des chambres ont également été créées au rez-de-chaussée sur un demi-niveau surélevé ainsi qu’un attique de trois chambres. La structure en béton du bâtiment est recouverte de bandeaux en aluminium de couleurs différentes qui s’amusent des contrastes en fonction des rayons du soleil. Le rez-de-chaussée, qui accueille le restaurant de l’hôtel ouvert au public, est totalement vitré.

Dans les étages, les tons beiges ont été privilégiés tout comme dans les chambres qui mettent l’accent sur la sobriété avec une pointe de modernisme grâce à des visuels représentant des pelotes de laine aux tons chauds. Tandis que d’autres chambres proposent de grands panneaux type tableau noir sur lesquels sont dessinés à la craie une étagère et des bibelots fictifs. Certaines chambres sont équipées pour accueillir des personnes à mobilité réduite avec des douches sans socles et des poignées de maintien dans la douche et à côté des toilettes.

Le bar-restaurant, situé au rez-de-chaussée, a pris des accents nordiques. Tout en longueur, il joue avec l’omniprésence d’éléments en bois clair, des murs aux tons bleu pétrole et un mobilier tout en rondeur. L’espace, entièrement ouvert, est ponctué par endroit par des claustras permettant de délimiter des zones sans les cloisonner totalement. Les bancs en bois sont décorés de coussins pour amener une ambiance cosy. Côté salle du petit-déjeuner, le mobilier en bois est accompagné d’élément aux couleurs primaires, vives et franches. À l’entrée de l’hôtel, la réception joue aussi la carte de la modernité avec un socle en béton imposant qui soutient un plateau en bois, tout aussi imposant. Le mariage se veut sobre et moderne à la fois.

La construction a été réalisée selon le label Minergie avec des panneaux solaires en toiture pour chauffer l’eau chaude sanitaire et une ventilation double-flux. La pompe à chaleur est alimentée par des sondes géothermiques qui régulent le froid et le chaud. La pose de ces sondes ont nécessité douze forages de deux cent cinquante mètres de profondeur dans le terrain. Le chantier, situé au coeur de la ville, a demandé une planification minutieuse, à cause de l’absence de place de stockage pour les matériaux. La livraison des éléments s’est donc réalisée en flux tendus en fonction de l’avancement des maçons. La situation était rendue encore plus complexe du fait que la rue devait pouvoir être libérée dans la minute pour permettre le passage des services d’incendie et de secours en cas de besoin.

Malgré toutes ces contraintes, l’ouvrage a pu être livré avec dix semaines d’avance sur le planning prévu et cela malgré les modifications demandées par le client.

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