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Piscine de la Fleur-de-Lys (26/2353)

Prilly
Piscine de la Fleur-de-Lys

HISTORIQUE / PROGRAMME

Un site homogène. Ouverte en 1970, la piscine de Prilly bénéficie d’un site exceptionnel avec vue sur le lac et les Alpes. Après la reconstruction du restaurant “La Vague” en 2012, la Municipalité est contrainte de fermer la piscine en cours de saison 2013, en raison de la vétusté des bassins.
Les vestiaires ne sont également plus exploitables sans déroger aux normes.

Devant l’urgence de la situation, la Ville lance deux concours en vue d’assainir les bassins, le traitement d’eau et les installations techniques d’une part et de construire de nouveaux vestiaires et bâtiments de services d’autre part. Faisant l’impasse sur la saison 2014, la piscine devait être opérationnelle pour le début de la saison 2015. Le projet lauréat a été retenu pour son idée d’homogénéité du site (restaurant-vestiaires-bassins), sa rapidité de mise en oeuvre et ses qualités environnementales labellisées Minergie®. Les pavillons modulaires en béton, bien que témoins d’une époque, s’avéraient vétustes et leur transformation impossible dans le cadre du programme requis. Le projet retient donc l’esprit des pavillons d’origine en les réinterprétant en bois, de façon résolument plus écologique et contemporaine.

Le programme s’étend le long du chemin d’accès, en limite ouest de la parcelle. L’entrée, en claustra bois avec tourniquets et caisse est recouverte de voiles tendues, la rendant visible et accueillante. Au sud, une première série de pavillons de bois, sur un niveau, comprend les vestiaires hommes et femmes, l’infirmerie et les casiers sécurisés. Une seconde volée, séparée de la première par une “rue” aux espaces verts dotés de bancs et de bassins plantés de roseaux, abrite les sanitaires et les douches, ainsi que deux locaux de service. Le bâtiment central regroupe sur deux niveaux l’administration de la piscine: bureaux, locaux techniques et dépôts, buanderie, vestiaires, salle de repos et cafétéria, ainsi qu’une salle polyvalente pour les sociétés et l’appartement du gardien chef.

Le bâtiment du Service des Travaux, à l’extrémité nord, forme un secteur distinct, indépendant de la piscine. Les bureaux, cafétéria et vestiaires se trouvent à l’étage, alors que le rez, semi-enterré, abrite les machines et dépôts de matériel du service des domaines de la Ville.

Depuis sa construction la piscine est restée dans son état d’origine, mis à part les réparations et entretien courant. Avec leur revêtement en carrelage les trois bassins étaient construits à l’époque essentiellement pour le sport, comme pour toutes les piscines communales. Contrairement à la piscine de Renens, récemment transformée avec des espaces de loisirs ludiques, Prilly conserve son esprit de piscine familiale avec un minimum d’éléments de jeux aquatiques.

PROJET 

Wood box. Le parti architectural fait le choix de l’intégration et du respect du site, en minimisant l’impact des constructions. Les différents volumes s’échelonnent dans la pente, s’intégrant ainsi au paysage. Une ligne bâtie délimite l’espace de plein air, abrité du voisinage de la rue.

Au sud, l’agrégation de pavillons de faible gabarit veille à respecter le site, à partir desquels s’ouvre à l’est le spectacle de la piscine. Discrets, les espaces techniques se regroupent au nord, en partie dissimulés dans la végétation et effacés par l’encaissement du volume. Enfin, le bâtiment central aide à composer le dispositif d’accueil de la piscine : son étage en porte à faux vient se projeter en direction du parvis, constituant le geste visuel de l’accès vers lequel se diriger.

Sans se risquer à l’uniformité, la volonté des concepteurs était d’inscrire le projet dans la continuité du restaurant par des relations de matérialité et des rapports formels, qui favorisent une certaine harmonie, primordiale à un espace de loisirs aquatiques. L’approche, respectueuse du site et de son paysage, vise ainsi aux synergies avec les contextes bâti et végétal.

Le bois comme matériau de construction, à la fois élément structurel et de finition, pour son esthétique et ses techniques, s’est naturellement imposé.Par sa simplicité de mise en œuvre, le bois vient donc à la fois armer et habiller totalement l’ensemble des bâtiments, tel un corps constituant le tout.

Les pavillons s’accompagnent chacun de leur propre toit, et se glissent ainsi sous des chapeaux protecteurs. Les toits inclinés sont également supports techniques: constitués exclusivement de châssis métalliques, ils supportent 700 m2 de panneaux photovoltaïques qui alimentent une pompe à chaleur pour chauffer les bassins. Le chauffage de l’eau n’est effectivement autorisé que s’il provient d’un système à énergie renouvelable. L’ensemble permet au final un échange avec le réseau électrique public affichant un bilan annuel neutre. L’eau chaude sanitaire pour les douches est quant à elle produite par 60 m2 de panneaux thermiques placés sur le toit du bâtiment administratif.

Entièrement renouvelés, les bassins sont désormais en inox, avec goulottes de débordement aux niveaux des plages. Les avantages en sont une étanchéité garantie durable et une surface lisse facilitant le nettoyage. Afin d’augmenter la sécurité et faciliter l’accès aux personnes à mobilité réduite, une rampe avec main courante et un fond en tôle inox antidérapante équipent le bassin non-nageurs et la plupart des accès aux plages par pédiluves sont également dotés d’une rampe.

Afin de diminuer la surface d’eau au profit de la superficie engazonnée, le bassin d’enseignement a été démoli et intégré au bassin non-nageurs. Pour augmenter la sécurité des nageurs, le bassin olympique de 50 mètres et le bassin de plongeon sont séparés par un mur muni d’ouvertures pour garantir une bonne circulation de l’eau. Toutes les conduites ont été remplacées et un nouveau bassin tampon pour récupérer le volume d’eau refoulé par les baigneurs a été créé.

Selon les exigences pour piscines avec eau chauffée, une couverture thermique a été installée pour tous les bassins. Le rouleau du bassin olympique se trouve dans un compartiment enterré au bout du bassin. Le système muni des plots de départ se soulèvent hydrauliquement pour permettre de dérouler la couverture thermique.

En raison des nouvelles normes de régénération de l’eau dans les piscines publiques, une nouvelle installation de traitement de l’eau a été mise en place avec deux filtres à diatomée. Toutes les installations techniques se trouvent dans un nouveau bâtiment, libérant l’ancien local filtre qui est désormais utilisé pour les installations de chauffage de l’eau par pompe à chaleur.

Espace de loisirs et de détente, mais espace public fréquenté avant tout, la piscine de Prilly se doit d’être représentative. Son traitement esthétique n’a pas être négligé, avec une touche artistique imaginée dès le stade du concours, avec l’artiste plasticienne Catherine Bolle. Les pavillons de bois de la zone sud se colorent alors dans leurs ouvertures vitrées, formant un jeu chromatique et ludique qui s’égrène au fil de la promenade et indique une nouvelle fois l’espace communal, amenant l’art de façon innatendue dans un lieu de loisirs.

De nuit, ces bandeaux s’éclairent de couleurs, et, depuis le restaurant de la piscine, enrichissent l’ambiance nocturne du site. En journée, chaque verre pigmenté d’après la fonction du volume, teinte l’intérieur des pavillons et confère à ceux-ci des variations d’ambiances chromatiques.

RÉALISATION

Préfabriqué pour un gain de temps. Les éléments bois structurels sont en panneaux multiplis et en lamellé-collé, permettant de grandes portées sans appui. Préfabriqués en atelier, ils sont ensuite posés à la grue sur le radier de béton réalisée sur place.

Pour les zones nord et centre, la façade “Lucido” permet de tempérer les bâtiments en hiver comme en été. La façade solaire active se compose de lames de bois rainurées et d’un vide d’air devant lequel se positionne un verre structuré. Les avantages, outre les aspects énergétiques, sont également d’ordre esthétique et de durabilité: les lames de bois sont en effet protégées, aucun traitement n’étant nécessaire grâce à la protection de la vitre.

Pour la zone sud, les façades en panneaux contrecollés de 85 mm d’épaisseur, avec une dernière face en mélèze lasuré, ne nécessitent aucun entretien. De conception très simple, ces bâtiments, utilisés 4 mois par an, seront fermés par des panneaux coulissants pour leur sommeil hivernal.

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