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Observatoire de Genève (29/2749)

Rénovations
Versoix
Observatoire de Genève

HISTORIQUE/SITUATION

Jusqu’où remonte l’histoire de la recherche astronomique à Genève ? Dans le sillage des Académies scientifiques qui fleurissent à travers l’Europe au 18e siècle, une chaire voit le jour au bout du Léman en 1771. Rattachée à ce qui deviendra l’Université, cette création académique officialise en réalité une pratique dynamique, active déjà au temps de Jean Calvin.

D’abord installé au coeur de la cité, le bâtiment de l’Observatoire permet d’importantes découvertes. Modernisé, agrandi, déplacé au fil des mutations urbaines ou reconstruit à neuf, il trouve sa place au Nord du canton à la fin des années 1960. Dans la commune de Versoix, proche des frontières vaudoise et française, le nouveau centre s’impose peu à peu comme une référence internationale en matière d’études sur les exoplanètes. Ce rang de leader qu’il convient de maintenir pousse les protagonistes –autorités, académie– à envisager un agrandissement. Baptisé « Astrotech », l’édifice se veut dédié à la recherche et à la construction d’outils technologiques de pointe. Il entend également répondre à un besoin de places de travail sans cesse croissant.

PROGRAMME

Développé sur trois niveaux hors-sol, le nouveau bâtiment se rattache à la construction ancienne par une passerelle d’une trentaine de mètres de long. Divisé en deux espaces distincts, le rez-de-chaussée accueille l’impressionnante « salle blanche » (pièce où la concentration particulaire est maîtrisée) et un atelier de montage, l’une et l’autre ouverts sur une indispensable double hauteur. Au premier étage, une mezzanine permet aux étudiants et aux visiteurs de suivre l’avancement des travaux sans compromettre les exigences de sécurité ou de propreté requises.

De part et d’autre d’un couloir central, le dernier étage comprend une dizaine de bureaux individuels ou collectifs, deux salles de conférences et des locaux sanitaires. À l’extérieur, un couvert permet d’abriter les semi-remorques qui assurent les livraisons et transportent les instruments finis vers leur site d’exploitation. Un grand sous-sol sert enfin d’atelier et de dépôt.

PROJET

Dans la continuité des constructions existantes et alignées à la lisière de la forêt, les options d’implantation et de volumétrie s’adaptent harmonieusement aux spécificités du site. Clair et franc, le bâtiment se démarque toutefois par un vocabulaire inattendu, avec un revêtement de bardage bois
rouge vermillon, percé dans sa partie supérieure de fenêtres en bandeau rigoureusement tracées et, dans sa partie inférieure, de petites ouvertures disposées de façon faussement aléatoire. Une enveloppe singulière qui dissimule à peine une structure en béton armé, des menuiseries en triple vitrage et des protections solaires classiques. Un système constructif simple et éprouvé qui soutient des ambitions technologiques pointues, en particulier dans les espaces ultra confinés avec la
maîtrise des particules de poussière, la stabilité d’une hygrométrie optimale ou encore la gestion sophistiquée des flux pour la ventilation, la climatisation ou le chauffage.

Cette attention est portée également aux questions de développement durable. Grâce notamment à un précédé de rafraîchissement par dessiccation, aux neuf sondes géothermiques, à l’omniprésence de jours naturels, à la toiture-terrasse végétalisée sur laquelle trône concentrateur solaire aussi emblématique que performant, l’édifice parvient sans difficultés à atteindre la labellisation Minergie® P-Eco.

Le chantier exemplaire mené sans interrompre l’exploitation existante a permis de rendre l’édifice sans retard et sans dépassement de coût. Avec son allure simple et son fonctionnement complexe, «Astrotech» s’inscrit désormais comme un jalon décisif pour l’histoire de la recherche astronomique genevoise dont il assure, pour les années à venir, le haut niveau d’excellence.

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