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Hôtel des Bains de Saillon (28/2729)

Culture - Sports - Loisirs
Saillon
Hôtel des Bains de Saillon

HISTORIQUE

Un projet ambitieux. Quand, en 2008, le groupe Boas décide de reprendre le centre thermal de Saillon, il se lance dans une opération de grande envergure qui va s’étaler sur près de sept ans. En effet, il s’agit de renforcer l’attractivité du complexe en modernisant le site thermal et en construisant un nouvel hôtel. Une opération qui devait se dérouler sans porter atteinte à l’exploitation de l’hôtel existant - premier quatre étoiles de la plaine du Rhône - et des bains qui accueillent quotidiennement une moyenne de mille cinq cents personnes, avec des pointes jusqu’à trois mille, les jours d’affluence.

Pour donner aux Bains de Saillon cette dimension supplémentaire, un plan stratégique est mis au point afin de dynamiser le centre thermal avec, en phase préparatoire, la création des nouvelles installations dont les Mayens du bien-être, village dont les maisonnettes en bois offrent saunas, hammam et salle de repos et sa rivière thermale.

CONCEPT

Pierre, bois et aluminium. Pour le nouvel établissement hôtelier, une première approche visait une construction en structure bois, telle qu’on en rencontre en Autriche. Mais les règlements de construction de l’époque limitaient le nombre d’étages. C’est donc un bâtiment en dur de cinq étages, construit en arc de cercle, qui, dès l’entrée, aligne les cent quarante mètres de sa façade. Malgré les dimensions imposantes du projet, la préoccupation première des concepteurs était d’en faire un exemple de légèreté.

Pour réduire l’aspect massif de l’ouvrage, un socle de deux niveaux, habillé de pierre de Salvan, est surmonté d’un volume dont les trois niveaux sont fondus et dématérialisés par un habillage métallique ajouré de teinte claire dont les reflets se rapprochent de la couleur du bois. Une base de pierre surmontée de bois : un rappel de l’esprit des mazots, l’affirmation d’une volonté d’esthétisme traditionnel allié à un design moderne.

Côté Nord, le premier niveau donne accès à l’hôtel alors que, thermalisme oblige, une rampe monumentale conduit naturellement le visiteur à l’entrée des bains. Au-dessus de ce socle, sur trois étages, les coursives qui conduisent aux chambres sont éclairées par des ouvrants placés de manière aléatoire comme les trois mille quatre cent cinquante lames verticales d’aluminium thermolaquée qui réchauffent la façade et s’animent avec la course du soleil. La façade Sud est plus liée à la montagne avec un large recours au bois pour les balcons dont le sol est fait de châtaignier et les garde-corps de mélèze. Le bois se prolonge dans les chambres largement habillées de chêne pour accentuer l’aspect “cocon” propre aux chalets alpins avec en rappel une paroi en pierre de Salvan.

Marquer la différence. La volonté du Maître de l'ouvrage était de planifier un complexe différent qui modernise l’image de l’hôtellerie de plaine valaisanne, propose un ensemble aux lignes modernes tout en confirmant une volonté d’intégration dans la région. Le nouvel hôtel, relié à l’ancien, offre septante-huit nouvelles chambres, toutes orientées plein Sud, qui s’ajoutent aux septante-six existantes, six restaurants, un centre médical, un centre de physiothérapie,un espace de relaxation Carpe diem, des salles de conférence et La Bastide, bar fameux mais assagi et branché. Le tout donnant un accès direct aux installations thermales et rénovées.

Pour les hôtes du centre aquatique, la rampe monumentale conduit dans un hall, orné d’images rappelant le vieux Saillon, qui ouvre accès aux bains mais aussi aux restaurants et divers locaux médicaux ou de wellness. Pour les résidents de l’hôtel l’accueil de plain-pied donne sur une entrée de huit mètres sous plafond, ornée d’une cheminée, équipée d’espaces lounges. Elle donne, au Sud, sur un jardin alpin.

La complexité de l’ouvrage a conduit à étudier très en détail les divers flux réservés aux hôtes et aux visiteurs. Bains obligent, la circulation principale - qui se compte en milliers de personnes les jours d’affluence - conduit à la zone aquatique au travers du bâtiment. Mais il faut également réserver un accès à cette même zone aux hôtes des deux hôtels, organiser l’accès aux restaurants dont l’un est accessible, en tenue légère, depuis l’espace des bains.

RÉALISATIONS

Terrain faible et danger sismique. Le chantier qui s’est étalé sur trois an s’est déroulé en deux étapes. La première, après démolition, a consisté à construire la moitié Est du bâtiment, du sol au toit, avant d’attaquer la seconde partie : une technique qui a facilité le maintien en activité des
bains et de l’ancien hôtel et permis de profiter jusqu’au dernier moment des installations existantes. La nature du terrain a constitué la première difficulté du chantier: il a fallu planter trois cents micropieux à des profondeurs de quinze à quarante mètres pour stabiliser l’édifice sur les sédiments de la plaine alluviale et renoncer à tout niveau en sous-sol. En conséquence, les installations techniques ont été placées sur le toit. Les mesures antisismiques propres au Valais ont nécessité l’emploi d’un béton de qualité particulière. Pour accélérer et faciliter la construction, certains éléments ont été préfabriqués, tout spécialement les salles de bains de l’hôtel qui ont été glissées dans les emplacements préparés comme des tiroirs dans une armoire.

Énergie. Le concept énergétique d’un ensemble très gros consommateur, mixe différentes sources de chaleur. Pour sécuriser l’approvisionnement en eau thermale, et après quatre autres forages, un nouveau puits a été mis en exploitation dans la zone du parking. Pompée à une profondeur de cinq cents mètres, l’eau à vingt-six degrés jaillit au rythme de mille cinq cents litres par minute. Après son utilisation en piscine, l’eau est refroidie avant d’être rejetée dans le canal du Midi. D'autres forages, moins profonds, ont été entrepris pour alimenter les pompes à chaleur. Le bâtiment lui-même a été connecté au gaz naturel. Une fouille de douze kilomètres a permis cette desserte qui profite également au village de Saillon. Enfin, des panneaux solaires thermiques participent au préchauffage de l’eau sanitaire et l’orientation du bâtiment, avec sa générosité en vitrages, fournit un apport non négligeable de chaleur passive.

AMÉNAGEMENTS INTÉRIEURS

Pierre, bois, eau, vigne. S’il fallait définir le nouveau bâtiment par les matériaux marquants qui l’habillent intérieurement et extérieurement, ce serait, hormis les lames métalliques de la façade, le bois, la pierre de Salvan (huit cent trente mètres carrés d’une carrière située à vingt kilomètres) et l’eau, thermale et de source, tous témoins de la volonté de travailler avec des matériaux locaux. Un élément supplémentaire est à joindre à la liste, la vigne, qui entoure l’accès au Nord et dont un parchet a été acquis par l’hôtel qui l’a équipé d’une pergola et l’ouvrira aux
résidents qui ne manqueront pas de profiter du produit des vignes qui cernent l’hôtel.

Le département d’architecture d’intérieur de BCO SA et de "Comme à la Maison" ont imaginé et créé la décoration de l’ensemble de la nouvelle structure. Les septante-huit chambres, réparties sur les trois derniers étages sont habillées de bois nobles et de pierres de Salvan. Elles possèdent tout le confort et bénéficient d’une large terrasse individuelle, plein Sud, réchauffée d’habillage en bois, avec vue sur les bains et les jardins. Le thème de la vigne s’inscrit dans la décoration des chambres et des couloirs.

L’hôtel dispose de sa propre salle de restaurant, d’une surface de trois cent trente mètres carrés avec vue sur les vignes côté Nord et sur les jardins côté Sud. Elle peut accueillir cent cinquante convives à l’intérieur et cinquante à l’extérieur. Pour les hôtes des bains et les résidents qui
séjournent plus longtemps à l’hôtel, cinq restaurants proposent des cuisines à thèmes dont l’un équipé de «l’arbre magique», passage à travers duquel les jeunes enfants peuvent gagner un espace insonorisé, est aménagé à leur intention.

Aménagements extérieurs. Extérieurement, les aménagements touchent tant à l’embellissement du voisinage immédiat - le site de la vallée du Rhône et les sommets qui la bordent se chargent du reste - qu’au plaisir des visiteurs des bains.

Vallonnements et plantations diverses, y compris l’annexe viticole, répondent au premier objectif. En plus des premières installations de la zone thermale, l’ajout d’un bassin, d’une rivière qui permet le refroidissement de l’eau et d’un sentier pieds nus correspond au deuxième but.

DÉFIS

Difficultés du terrain. D’un point de vue géologique, les difficultés ont été marquées par le sol typique de la vallée du Rhône et par les exigences de la protection antisismique. Les premiers mètres cubes de béton préparés sur place ne répondaient pas à la norme quant à leur densité. Il a donc fallu démolir l’ouvrage et importer les bétons d’une centrale. Mais le défi le plus important fut commercial.

Comment faire en sorte de poursuivre l’exploitation d’un hôtel et d’un centre thermal quand il faut démolir des constructions existantes, changer les habitudes des clients du centre thermal, protéger ceux de l’hôtel des bruits d’un chantier important et bruyant ? La construction en deux étapes a permis de minimiser les retombées négatives du chantier et faciliter l’intervention des corps de métier qui ont pu travailler en décalage. L’ancien hôtel a servi de réception provisoire pour la zone thermale en évitant aux visiteurs la zone en travaux.

La précision du planning établi par BCO SA s’est révélée efficace: la fréquentation du centre thermal durant ces années de travaux a passé de trois cent trente mille à près de cinq cent mille. L’ancien hôtel a maintenu son taux d’occupation et le nouvel hôtel a démarré son exploitation en fanfare en automne 2016, conforté dans sa fréquentation par un début d’hiver où l’absence de neige a boosté les activités aquatiques.

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