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Lausanne 21A-23A-25A (29/2777)

Résidences - Locatifs
Genève
Lausanne 21A-23A-25A

SITUATION / HISTORIQUE

On imagine volontiers la surprise qu’aurait aujourd’hui l’architecte Henri Juvet (1854-1905 s’il voyait sa réalisation : trois bâtiments serrés entre une arrière-cour étroite et un réseau de voies ferrées dense qui vient frôler les façades. Construit à la toute fin du 19e siècle dans un contexte urbain bien différent –mais déjà à deux pas de la première gare de Cornavin–, cet ensemble discret affiche néanmoins une certaine prestance, avec une composition générale claire et ordonnée, une toiture à la Mansart et quelques éléments de décors intéressants.

Caractéristiques de leur époque, ces bâtiments simples et peu entretenus se sont adaptés malgré eux au temps qui passe, endurant les bricolages individuels de locataires en mal de confort. Des travaux épars, jamais coordonnés, qui ne satisfont personne et demeurent somme toute largement insuffisants. Devenue propriétaire des lieux, la Fondation HBM Camille Martin se voit alors amenée à s’interroger sur
une rénovation complète pour assurer la pérennisation de cet ensemble centenaire. Les premières réflexions ont lieu dès 2010 ; le chantier s’ouvrira à peine cinq ans plus tard.

PROGRAMME / PROJET

Le projet vise à améliorer l’habitabilité des vingt-neuf appartements de trois pièces existants et comprend la création de six nouveaux logements de 2,5 pièce dans les combles. S’ajoute à cela la mise en place de vraies salles d’eau, une normalisation des éléments techniques, une sécurisation complète et l’installation d’une chaufferie commune liée à une optimisation des performances thermiques de l’ensemble. Disparues au fil des années,les arcades commerciales retrouvées au rez-de-chaussée
participent quant à elles d’une valorisation générale du périmètre. Tout à la fois conséquents et respectueux, ces travaux maintiennent les typologies d’origine et n’impactent pratiquement pas les structures ou les façades. Les salles de bains trouvent ainsi leur place dans les alcôves des
cuisines qui, elles, bénéficient d’un nouvel agencement. Les espaces intérieurs sont soignés avec, lorsque cela est possible, la restauration des sols d’origine (parquets, carreaux de ciment coloré) ou des boiseries (portes à panneaux, armoires). Adaptées aux normes de sécurité incendie, les belles portes palières conservent leurs singularités esthétiques.

Les interventions sur l’enveloppe répondent pour l’essentiel aux améliorations thermiques. Les murs pignons latéraux sont isolés par l’extérieur et les fenêtres anciennes s’équipent de verres isolants. Au-dessus d’une charpente statiquement renforcée, la toiture désormais couvert de zinc-titane accueille une batterie de capteurs solaires pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire. La réfection ponctuelle des encadrements de pierre taillée, le désamiantage du mastic des menuiseries ou le remplacement des systèmes d’obscurcissement s’inscrivent dans une dynamique
générale qui valorise pleinement les caractéristiques historiques de ces trois bâtiments. Exemplaire à maints égards, la rénovation de ces immeubles occupés aux deux tiers par les locataires a été rendue possible grâce à un habile système de rocade. Assuré tout au long de la phase de chantier, ce procédé témoigne de l’ingéniosité d’une direction des travaux qui a également su maîtriser l’inconfort dû à l’absence d’ascenseurs ou les contraintes d’une accessibilité minuscule depuis le domaine public.

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